L’essentiel à retenir avant de commencer
- Les 18 mouvements de qi gong, souvent appelés Shibashi, forment une enchaînement doux, lent et accessible.
- Les bénéfices les plus utiles concernent l’équilibre, la souplesse, la coordination, le souffle et la détente mentale.
- Les effets se construisent surtout avec la régularité, pas avec une séance isolée.
- Pour les seniors, cette pratique peut aider à entretenir l’autonomie et à limiter la peur de tomber.
- En cas de douleur, de vertiges ou de maladie non stabilisée, il faut adapter les mouvements ou demander un avis médical.
Ce que sont les 18 mouvements de qi gong
Cette forme, souvent appelée Shibashi, combine des gestes inspirés du tai chi et un travail respiratoire très présent. Les mouvements restent lents, fluides et faciles à mémoriser, ce qui explique pourquoi on les propose souvent comme porte d’entrée vers le qi gong. À l’origine, il s’agit d’une méthode pensée pour rendre la pratique plus simple, plus régulière et plus accessible à un large public.
Dans la pratique, on sollicite surtout :
- les épaules, les hanches, les poignets et la colonne vertébrale ;
- les transferts de poids d’un appui à l’autre ;
- la coordination entre souffle et geste ;
- l’attention au corps, autrement dit la proprioception, c’est-à-dire la capacité à sentir sa position dans l’espace.
Je retiens surtout un point : on ne cherche pas la performance, on cherche la continuité. C’est précisément ce qui explique les bénéfices observés au quotidien, et cela nous amène à la question qui intéresse le plus le lecteur : qu’est-ce que cette pratique apporte vraiment ?
Les bénéfices les plus utiles au quotidien
Je vois souvent la même erreur chez les débutants : attendre un effet spectaculaire en quelques séances. En réalité, les gains les plus intéressants sont souvent plus modestes, mais très concrets. Ils se sentent dans les gestes simples de la vie de tous les jours : se lever, tourner la tête, lever les bras, marcher avec plus d’assurance, respirer sans se crisper.| Bénéfice | Effet concret | Ce que cela change au quotidien |
|---|---|---|
| Équilibre et coordination | Meilleure stabilité dans les changements d’appui et les rotations | On se sent plus sûr en marchant, en se tournant ou en montant un trottoir |
| Souplesse articulaire | Mouvements plus amples, moins raides | Les épaules, les hanches et le dos paraissent moins “rouillés” |
| Respiration et détente | Souffle plus posé, rythme plus calme | La séance aide à relâcher les tensions accumulées dans la journée |
| Concentration et mémoire gestuelle | On apprend à suivre une séquence et à rester présent | La répétition entretient l’attention et la mémoire de travail |
| Sommeil et récupération | Le corps sort plus facilement du mode “alerte” | Certaines personnes s’endorment mieux ou récupèrent plus vite après une journée chargée |
| Tonicité douce | Les muscles travaillent sans à-coups | On entretient l’effort sans épuisement, ce qui facilite la régularité |
Vidal résume bien cette logique en décrivant des exercices lents, doux et harmonieux qui soutiennent l’équilibre, la coordination, la concentration, la mémoire, la souplesse et la mobilité articulaire. Dans la vraie vie, cela se traduit surtout par une sensation très simple : le corps redevient plus facile à utiliser. C’est aussi pour cela que cette pratique prend tout son sens après 60 ans, quand l’objectif n’est plus de “faire du sport” pour lui-même, mais de préserver l’autonomie.
Pourquoi cette pratique convient bien aux seniors actifs
Pour les 65 ans et plus, l’OMS recommande au moins 150 minutes d’activité modérée par semaine, avec un vrai travail de l’équilibre plusieurs jours. Le qi gong en 18 mouvements ne remplace pas tout le reste, mais il peut compter comme une brique utile dans cette semaine d’activité physique, surtout quand on cherche une charge articulaire faible et une pratique facile à maintenir.Je le trouve particulièrement pertinent dans quatre cas :
- quand la marche rapide, la course ou les sports plus toniques deviennent trop agressifs pour les articulations ;
- quand on veut reprendre une activité sans repartir trop fort ;
- quand la peur de tomber freine le mouvement ;
- quand on cherche une activité qui travaille à la fois le corps et le calme intérieur.
Autrement dit, le qi gong est intéressant parce qu’il reste accessible, modulable et peu intimidant. Encore faut-il savoir à quoi ressemble une séance bien menée, car c’est là que la différence se joue.

À quoi ressemble une séance efficace et sûre
Une bonne séance n’est ni un test d’endurance ni une chorégraphie à retenir trop vite. Je conseille plutôt de la penser en trois temps : mise en route, enchaînement, retour au calme. C’est cette structure simple qui permet de profiter du geste sans se crisper.- Commencez par quelques respirations calmes et des mobilisations légères des épaules, du cou, des poignets et des chevilles.
- Exécutez les mouvements à vitesse lente, en gardant les genoux souples et le regard stable.
- Terminez par une phase courte de relâchement, debout ou assis, pour laisser redescendre la tension.
Le bon repère est très simple : vous devez sentir un travail, mais jamais forcer. Si vous bloquez le souffle, si les gestes deviennent brusques ou si vous cherchez à aller trop bas trop vite, vous perdez une partie du bénéfice. Je préfère toujours une pratique sobre et régulière à une séance spectaculaire qui laisse le corps raide le lendemain. Et justement, certains contextes imposent de ralentir encore davantage.
Dans quels cas il faut adapter ou demander un avis
Le qi gong est doux, mais doux ne veut pas dire universel. Une douleur aiguë, des vertiges, une maladie non stabilisée ou une récupération post-opératoire imposent de ralentir et, parfois, de reporter la séance. La pratique excessive ou mal adaptée peut aussi réveiller le genou ou le bas du dos, surtout si l’on force l’amplitude trop tôt.
| Situation | Adaptation prudente |
|---|---|
| Douleur au genou | Réduire la flexion, éviter les appuis trop profonds, pratiquer près d’une chaise |
| Douleur lombaire | Limiter les rotations, garder le buste long, éviter les gestes trop amples |
| Équilibre fragile | S’entraîner près d’un mur ou avec un appui stable, voire en séance encadrée |
| Fatigue importante | Faire une version courte de 5 à 10 minutes, centrée sur la respiration |
| Maladie chronique stabilisée | Demander un avis médical ou un encadrement en activité physique adaptée avant de progresser |
Mon conseil est simple : si un mouvement réveille une douleur vive ou persistante, on modifie ou on stoppe. Le qi gong doit aider à bouger mieux, pas à “tenir bon” coûte que coûte. Une fois ces garde-fous posés, la vraie question devient celle de la régularité.
Comment l’intégrer à une semaine d’activité physique
Le meilleur usage n’est pas de faire une séance isolée quand on y pense. Pour que les effets s’installent, je préfère des doses courtes, fréquentes et faciles à tenir. C’est aussi la manière la plus réaliste de faire du qi gong une habitude durable.
Voici une base simple :
- Débutant : 10 minutes par jour, 5 jours sur 7, pendant 2 semaines, puis allongement progressif.
- Entretien : 15 à 20 minutes, 4 à 5 fois par semaine.
- Objectif autonomie : 3 à 5 séances de qi gong par semaine, complétées par de la marche et un peu de renforcement musculaire.
Je recommande surtout de ne pas tout miser sur la seule fluidité. Le qi gong travaille bien la mobilité, la respiration et la coordination, mais il ne remplace pas un vrai travail de force. Pour préserver l’autonomie, il est utile d’ajouter deux petits blocs hebdomadaires très simples : se lever d’une chaise plusieurs fois, monter une marche, pousser contre un mur ou utiliser un élastique léger. C’est cette combinaison qui produit les résultats les plus solides.
Si l’objectif principal est le souffle ou le poids, il faut aussi garder une marche plus dynamique à côté. Le qi gong est un excellent complément, pas un substitut à toute activité d’endurance. Reste alors à fixer les bons repères pour sentir les effets sans se tromper d’attente.
Les repères que je retiens pour en sentir vraiment les effets
Si je devais résumer la pratique en quelques règles simples, je dirais ceci : la régularité vaut plus que la durée, la lenteur vaut plus que l’amplitude, et le confort vaut plus que la performance. Ce sont des repères modestes, mais ce sont eux qui permettent de progresser sans se blesser.
- Pratiquez à heure fixe si possible, car le corps aime les habitudes simples.
- Gardez une respiration libre et non forcée.
- Acceptez de réduire le geste plutôt que de compenser avec de la tension.
- Utilisez un appui ou une chaise dès que l’équilibre vous inquiète.
- Associez le qi gong à la marche et à un minimum de renforcement si vous voulez vraiment soutenir l’autonomie.
Je retiens surtout une idée très concrète : les 18 mouvements donnent le meilleur d’eux-mêmes quand ils deviennent un rendez-vous régulier, pas une curiosité occasionnelle. Commencez petit, gardez une amplitude confortable, et faites de cette pratique un appui durable pour mieux bouger, mieux respirer et rester plus autonome.